L'INVITE > Dr François Aubart

 Président de la Coordination médicale hospitalière

L’hôpital n’attire plus les meilleurs

[12/02/2009]  |

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invite090213-aubartAu moment où Roselyne Bachelot présente son projet de loi “Hôpital, patients, santé, territoire”, le président de la Coordination médicale hospitalière réaffirme que le médecin doit rester au cœur de la gestion médico-économique. Pour le Dr Aubart, la réforme doit permettre à la ville et à l’hôpital de travailler ensemble.


L’intégralité de l’entretien

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L’organisation à l’hôpital

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Le pouvoir médical menacé

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La santé découpée en territoires

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Les points-clés de l’entretien

- Nous voulons prévenir le désengagement.
- Il y a beaucoup de départs de l’hôpital, nous n’attirons plus les meilleurs.
- A l’hôpital, la qualité est imprévisible : le meilleur côtoie le médiocre.
- La communauté hospitalière de territoire, c’est l’Europe des années 50.

Les réponses à vos questions

Les médecins libéraux craignent que notre système de santé s’inspire du système à la britannique. Etes-vous d’accord avec eux ?
Le modèle britannique est, à mon avis, très éloigné de ce qui se développe en France. Et notamment, l’absence du système de capitation véritable nous met dans une situation différente. L’étatisation que craignent les libéraux est à mettre en parallèle avec la privatisation que redoutent les hospitaliers. La somme de cette équation signifie qu’il faut travailler ensemble dans un système qui soit moins en parallèle et plus en communication.

Les députés viennent de voter un amendement réformant les commissions médicales d’établissement. Pour les socialistes, les CME vont perdre du pouvoir. Avez-vous les mêmes craintes ?
C’est un risque dans le public comme dans le privé. Il faut attendre le passage devant le Sénat pour savoir si ce danger est réel. Mais, pour notre part, nous défendons bec et ongle la représentativité médicale des CME. Elle doit être garantie, aussi bien à l’hôpital qu’en clinique. C’est indispensable pour les malades. Un hôpital ou une clinique dans lequel la communauté médicale ne pèse plus en terme de représentation, c’est la porte ouverte à toutes les dérives : administrative pour l’hôpital et entrepreunariale pour la clinique, avec des contrats léonins qui rendraient les praticiens corvéables à merci sur des objectifs qui ne seraient pas toujours déontologique.

Les futures ARS auront aussi bien autorité sur la médecine de ville que sur l’hôpital. Pensez-vous que ces instances contribueront à rapprocher deux mondes qui s’ignorent encore beaucoup ? Selon une récente étude de la Drees, seulement un tiers des généralistes ayant orienté leurs patients vers l’hôpital disent avoir été informés du devenir de leur patient…
Il y a effectivement un énorme chemin à parcourir et c’est l’enjeu essentiel de cette loi. Sa réussite passera forcément par la réussite des ARS. Les ingrédients de la réussite sont là. Mais cela ne suffira pas forcément parce que les règles institutionnelles sont une chose mais la volonté des hommes et des femmes pour les faire fonctionner en sont une autre. Du profil et des qualités des futurs directeurs d’ARS dépendra une grande partie de la réussite du rapprochement ville-hôpital.

Croyez-vous que ce texte de loi va rendre les carrières hospitalières plus attractives ?
De toute façon, on ne peut pas faire pire ! Mais, en la matière, peu de chose relève du niveau législatif. Cependant, la création du cadre de clinicien hospitalier, s’il est vraiment porté par un souci d’attractivité, peut être une étape importante.



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