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Des médicaments en fiche

[12/02/2009]  |

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Entre l’industrie pharmaceutique et l’assurance-maladie, la Haute Autorité de santé veut faire entendre sa voix auprès des généralistes. Elle met à leur disposition des fiches synthétiques sur le médicament.


Avec d’un côté, les arguments des visiteurs médicaux et de l’autre, ceux des délégués de l’assurance maladie… le praticien est souvent perdu. « A qui se fier, s’interroge le Dr Leicher, généraliste dans la Drôme et vice-président de MG France. Nous avons besoin d’une information indépendante et argumentée, et qui soit adaptée à la médecine de premier recours ». Une initiative de la Haute Autorité de santé apporte une nouvelle aide à la prescription. Depuis le début du mois, elle diffuse des synthèses sur les nouveaux médicaments autorisés à remboursement. « Accessibles en quelques clics sur notre site internet, le praticien y trouve toutes les informations essentielles sur une page : la stratégie thérapeutique, les données cliniques, les indications préexistantes, l’intérêt du médicament », décrit le Dr François Meyer, directeur de l’évaluation médicale, économique et de santé publique à la HAS. Ces informations sont issues des avis rendus par la commission de la transparence qui apprécie le service médical rendu (SMR) par le produit, ainsi que l’amélioration du SMR dans une même classe de médicament (ASMR). Ces avis étaient déjà à la disposition de tous les professionnels intéressés. « Mais, un avis comporte en moyenne une bonne quinzaine de pages, c’est inadapté au travail quotidien d’un généraliste submergé, explique le Pr Gilles Bouvenot, président de la Commission de la transparence, c’est pourquoi nous avons souhaité mettre à leur disposition un document synthétique. Nous jouons notre rôle de diffusion d’informations sur le médicament. » Un rôle qui avait été pris en défaut par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) en septembre 2007 (cf. rapport sur l’information des médecins généralistes sur le médicament). « La HAS n’exerce pas de rôle de chef de file sur les recommandations de bonne pratique du médicaments», constataient alors les auteurs.
Depuis ce rapport, la HAS a produit 13 fiches sur le bon usage du médicament. « Elles sont élaborées pour les nouveaux médicaments dont la population cible est importante ou qui présentent un risque de mésusage, soit une dizaine par an, explique le Dr Meyer. Elles sont conçues avec la participation des généralistes et comprennent notamment un schéma de stratégie de prise en charge ». Avec les synthèses d’avis, encore plus concises que les fiches de bon usage, l’agence élargit sa panoplie de produits d’information. « L’idée étant de les diffuser au moment de la sortie effective du médicament », précise le Dr Meyer.
« Pour notre clairvoyance, c’est toujours utile d’avoir un supplément d’informations scientifiques et indépendantes, souligne le Dr Didier Ménard, généraliste en Seine-Saint-Denis, président du syndicat de la médecine générale. Notammment pour argumenter auprès du patient lorsque nous souhaitons changer la prescription établie par le spécialiste ou par l’hôpital. Je suis curieux de lire les synthèses qui concernent les nouveaux médicaments antidiabétiques à base de glitazone », poursuit le Dr Ménard. D’autres médecins aimeraient que la HAS aille encore plus loin, « en mettant à disposition une base de données médicamenteuses complète, comme le Vidal mais gratuite », ajoute le Dr Leicher.
Mathias Germain

suivre090213-gillesbouvenotQuestions à Pr Gilles Bouvenot, président de la Commission de la transparence, Haute Autorité de santé.



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“Les médecins attendent ces informations”


Medecinews. Pourquoi donner de l’information supplémentaire sur les médicaments aux médecins ?
Pr Gilles Bouvenot.
La commission de la transparence a deux grandes missions. La première : donner de l’information au décideur politique pour autoriser le remboursement ou non. La deuxième, que nous devons faire aussi bien que la première, c’est contribuer au bon usage du médicament. Pour cela, il faut donner au prescripteur, notamment le généraliste, des informations scientifiques, accessibles rapidement sur les nouveaux médicaments. Nous savons qu’il les attend..


De quoi se composent ces synthèses d’avis sur le médicament ?
Pr G. B.
Elles reprennent l’essentiel : dans quelle maladie cette molécule est indiquée, comment elle est remboursée, quelle est sa place dans la stratégie thérapeutique ?… En prime, ces synthèses sont en lien avec l’avis complet rendu par la commission de la transparence, le praticien pourra ainsi vérifier que ces fiches ne tronquent pas l’avis rendu. La composition de la commission est aussi rappelée. Ce ne sont pas des technocrates, mais des hospitaliers, des libéraux, des pharmaciens indépendants.


Ces fiches ne concernent que les nouveaux médicaments remboursés ?
Pr G. B.
A priori, la grande majorité des synthèses porteront sur les nouveaux médicaments. Ainsi, la HAS diffusera chaque année près d’une centaine de synthèses. Mais nous n’excluons pas, au cas par cas, de traiter ceux qui ne sont pas remboursés. Par ailleurs, nous communiquerons aussi sur les alternatives à la prescription.

Entretien avec M.G





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Vos commentaires :

  1. Des abus ont lieu en milieu hospitalier, dans les services de neurologie. Une molécume, la toxine botulique, utilisé sans grand résultat, a été interdite au remboursement. Pour contourner cette règle les hopitaux organisent des journées d’hospitalisation afin de pouvoir la prescrire aux patients atteints de dystonie.

    Or les résultats et les bienfaits de cette molécule très couteuse sont plus que douteux,
    et ont été maintes fois remis en causes. De plus des effets secondaires importants suite àl’utilisation de cette molécule sont à déplorer.

    Quelles mesures comptent prendre les autorités de santé, afin d’éviter ce type d’abus ?

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