Bad news
Des médicaments contre l’arthrite liés au zona
L’utilisation d’anticorps monoclonaux anti-TNF alpha contre l’arthrite semble liée à un risque plus élevé de développer un zona. C’est la conclusion des travaux d’une équipe berlinoise qui a compilé les données médicales des 5000 patients atteint d’arthrite rhumatoïde de la cohorte allemande RABBIT entre 2001 et 2006. Ils ont retrouvé 86 épisodes de zona chez 82 patients, avec un taux d’incident de 11, 1 pour 1000 pour les patients traités aux anticorps monoclonaux contre 8, 9 avec l’etanercept et 5, 6 pour les traitements conventionnels. Après ajustement pour l’âge, la gravité de la maladie et l’utilisation de corticoïdes, le risque était accru de 1, 82 avec les anticorps monoclonaux, une différence statistiquement significative que les auteurs estiment difficile à évaluer cliniquement. Ils réclament donc des études supplémentaires et recommandent une attention accrue pour tout signe de zona chez ces patients.
Source : Strangfeld A. et coll, JAMA, 18 février 2009.
Un enfant traité par cellules souches développe des tumeurs
Un enfant israélien atteint a développé des tumeurs cérébrales et spinales à la suite d’un traitement par cellules souches. Une équipe du Sheba Medical Center de Tel Aviv vient de rapporter cet incident sur un patient de 17 ans, initialement traité à Moscou par des injections de cellules souches neurales de fœtus pour lutter contre son ataxie telangiectasie (syndrome de Louis-Bar). En 2005, les chirurgiens de l’hôpital israélien ont observé, après des maux de tête récurrents, des tumeurs sur le cerveau et la moelle épinière de l’enfant. Ils ont pu retirer la tumeur spinale qui s’est révélée être de type glioneuronale. La tumeur cervicale, elle, a continué à se développer. Des analyses ont démontré que la tumeur spinale n’avait pu se développer à partir de tissus du patients, puisqu’elle contenait des cellules XX et XY, provenant d’au moins deux donneurs avec des copies normales du gène modifié visé par la thérapie. Les auteurs de la communication insistent sur le fait que ce cas ne remet pas en question l’intérêt de cette approche thérapeutique mais souligne l’importance de l’étude biologique des cellules souches et des essais précliniques poussés pour maximiser les bénéfices attendus.
Source : Amarigli N et coll, PLoS Medicine, 17 février 2009.
Incidents médicaux en vol en hausse
Les incidents médicaux en vol sont de plus en plus fréquents à cause du nombre de plus en plus élevé de patients atteints d’affections pulmonaires, cardiaques et vasculaires voyageant par avion. C’est l’observation réalisée par une équipe du Massachussets à partir d’études observationnelles récentes montrant par exemple que 18 % des patients atteints de BOPC subissent un stress respiratoire léger en vol. Si les patients de plus de 70 ans connaissent le plus grand nombre d’incidents médicaux en vol, l’âge moyen des incidents est de 44 ans pour les hommes et 49 pour les femmes et les incidents cardiaques sont les plus graves. Les chercheurs soulignent le faible nombre d’études sur la qualité de l’air en cabine, pourtant largement pollué par des produits de combustion du kérosène responsables de divers troubles, parfois sérieux. Ils insistent enfin sur le risque de propagation des maladies infectieuses par les systèmes d’aération en circuit fermé. Les auteurs réclament une véritable évaluation des conséquences médicales de l’aviation commerciale et demandent aux médecins d’avertir leurs patients des risques qu’ils encourent en fonction de leurs pathologies.
Source : Gendreau M et coll, The Lancet, 19 février 2009
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Good news
Thérapie génique positive contre le VIH
Les résultats de la première étude de phase II d’une thérapie génique contre le VIH semblent montrer un effet positif sur les CD4+ par rapport au placebo. C’est la conclusion de la première étude randomisée en double aveugle de thérapie génique réalisée sur 74 patients infectés par une équipe de l’université de Californie à Los Angeles avec la participation de plusieurs centres de recherches aux Etats-Unis, en Australie et en Allemagne. Les chercheurs ont prélevé des cellules souches hématopoïétiques sur chaque patient, les ont modifiées pour qu’elles expriment l’enzyme OZ1 capable d’agir sur la réplication du virus et les ont réinjectées aux patients. Ils ont ensuite observé que, si aucune différence de charge virale pouvait être observée entre les deux groupes après 48 semaines d’essai, une petite augmentation, statistiquement significative, des cellules CD4+ apparaissait après 100 semaines. Les auteurs indiquent que cet essai démontre l’innocuité de la procédure ainsi que l’activité biologique des cellules injectées. Ils estiment donc que cette approche peut désormais être développée dans l’objectif de devenir un traitement conventionnel du VIH.
Source : Mitsuyasu R. et al, Nature Medicine, 15 février 2009.
La sarcosine urinaire pour dépister le cancer de la prostate
Un simple test urinaire, basé sur la mesure de la sarcosine, pourrait permettre un diagnostic extrêmement fiable du cancer de la prostate. C’est la conclusion des travaux d’une équipe de l’université du Michigan et d’autres centres américains qui ont analysé un ensemble très large de métabolites dans l’urine de patients atteints de cancer de la prostate à divers stades. En utilisant la spectrométrie de masse, ils ont pu observer des molécules dont le lien avec le cancer n’était pas soupçonné jusqu’ici et ont eu la surprise de retrouver la sarcosine en tête de leur liste de candidats au dépistage. Ils ont ensuite augmenté la production de sarcosine chez des cellules de prostate in vitro et ont observé que celles-ci se comportent alors comme des cellules cancéreuses, suggérant que cette molécule ne serait pas uniquement un marqueur du cancer mais bien un facteur actif de la cancérisation des cellules. Les auteurs soulignent cependant que d’autres tests urinaires sont à un stade proche de la commercialisation mais estiment que la sarcosine pourrait les remplacer, à terme.
Source : Sreekumar A. et coll, Nature, 13 février 2009.
Le génome de Néanderthal décrypté
Une version préliminaire du décryptage du génome de l’homme de Néanderthal vient d’être présentée au public. Plusieurs équipes de chercheurs, réunies sous l’égide de l’Institut Max Planck, sont parvenues à ce résultat en travaillant sur plus d’un million de fragments d’ADN extraits de 3 fossiles néanderthaliens croates. Les auteurs ont dû mettre au point un ensemble de techniques nouvelles pour travailler sur cette source d’ADN fragile et en petites quantités, particulièrement sensibles à la contamination. Une équipe espagnole a d’ailleurs fourni des résultats partiels à partir d’autres fossiles, originaires d’Espagne, afin de confirmer les résultats obtenus par l’équipe principale. Les chercheurs ont donc obtenu un ensemble de plus de 3 milliards de bases, représentant plus de 60 % de l’ensemble du génome, ce qui permet d’en reconstituer la totalité. Ils espèrent désormais pouvoir comparer ce génome à celui des chimpanzés et des humains afin d’identifier les différences majeures mais aussi de comprendre les liens entre cette espèce humaine éteinte et l’espèce actuelle.
Source : Pääbo S et coll, communication à l’AAAS, 13 février 2009.
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