Bad news
Les abus dans l’enfance laissent des traces dans le cerveau
Les abus subis dans l’enfance laissent des traces dans le cerveau et sur l’expression de l’ADN. C’est l’observation d’une équipe de chercheurs du Canada et de Chine qui a étudié les cerveaux de 36 personnes dont 24 s’étaient suicidées. Ils ont retrouvé des éléments communs dans l’hippocampe, connu comme un élément majeur de la réponse cérébrale au stress, des suicidés qui avaient subi des abus au cours de leur enfance. Ils ont ainsi retrouvé des changements dans l’expression du gène NC3R1, impliqué dans la réponse hormonale au stress à partir de l’hippocampe et confirment ainsi une première étude très récente qui démontrait que les abus peuvent laisser des traces épigénétiques sur l’ADN. Ces changements n’étaient pas visibles dans l’hippocampe des patients non suicidés. Les auteurs insistent sur l’importance de cette observation, qui démontre à la fois que l’environnement psychologique peut avoir une influence sur notre ADN et modifier le comportement de notre organisme au plus profond de nos cellules. Ils rapprochent leurs travaux d’études précédentes qui ont montré qu’une modification positive de la réponse au stress, directement provoquée par l’attention portée par une ratte à ses petits, est également inscrite dans l’expression de leurs gènes pendant toute leur vie.
Source : O’ Mc Gowan P. et coll, Nature Neuroscience, 22 février 2009.
Diabète en hausse au Royaume-Uni
Le taux de nouveaux cas de diabète a augmenté de 74 % entre 1997 et 2005 au Royaume-Uni, dépassant les Etats-Unis. C’est le constat d’une équipe de Madrid qui a analysé les données du Réseau d’amélioration de la santé du Royaume-Uni et trouvé 42 642 nouveaux cas de diabète dont 41 000 de type 2. Pour ces derniers, les nouveaux cas ont augmenté de 69 % sur la décennie et même de 74 % entre 1997 et 2003. Un surpoids y était associé dans 38 % des cas en 1996 et 32 % en 2005 et une obésité dans 46 % des cas en 1996 et 56 % en 2005. Les chiffres indiquent par ailleurs que si 2,5 millions de personnes se savent désormais atteintes de diabète dans ce pays, 500 000 l’ignorent encore. Le responsable de Diabetes UK estime que cette étude est un indicateur de la mauvaise santé actuelle de la population du Royaume-Uni et recommande des mesures urgentes pour éviter que cette augmentation de l’obésité et du diabète ne continue.
Source : Gonzalez et coll, Journalof Epidemiology and Community Health, 24 février 2009.
Risque d’AVC accru par de mauvaises habitudes à 40 ans
Le risque d’AVC est doublé par les mauvaises habitudes de vie après 40 ans. Des chercheurs britanniques sont parvenus à cette conclusion après avoir analysé les données de 20 000 personnes entre 40 et 79 pendant 10 ans. Ils ont assigné des points négatifs à certains comportements comme le tabagisme, la consommation d’alcool, le manque d’exercice ou la faible teneur en fruits et légumes de l’alimentation, qualifiant le style de vie des participants entre 4 (le plus sain) et 0. Le nombre de femmes atteignant le niveau 4 était significativement supérieur à celui des hommes. Le risque relatif d’AVC, après ajustement pour un certain nombre de facteurs médico-sociaux, pour les patients de niveau 0 était de 2, 31 par rapport patients de niveau 4. Au niveau 3, le risque n’est déjà plus multiplié que par 1, 15. Il atteint 1, 58 au niveau 2 et 2, 18 au niveau 1. Les auteurs estiment donc que leurs résultats indiquent qu’un changement d’habitude sur un seul de ces critères peut se révéler significatif.
Source : Myint P. et coll, BMJ, 20 février 2009.
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Good news
Une arme anti-grippe
Une nouvelle famille d’anticorps monoclonaux (Mab), capables d’inhiber une gamme jusqu’ici inégalée de virus de la grippe, c’est la découverte effectuée par des chercheurs dans plusieurs centres des Etats-Unis. Ils ont testé ces nouveaux Mab sur tous les virus de grippe A. La nouvelle famille de Mab semble se fixer sur une portion spécifique d’une protéine virale, l’hémagglutinine, et empêcher le virus de changer de forme avant d’entrer dans les cellules hôtes. Il existe 16 sous-types d’hémagglutinine parmi les virus A de la grippe, qui se divisent en 2 groupes. Les nouveaux Mab se sont montrés efficaces contre tous les virus du groupe 1, dont le H5N1et la grippe espagnole de 1918. Mais ils n’ont eu aucun effet sur le groupe 2. La protection contre le H5N1 s’est révélée efficace dès le 3e jour après l’injection des Mab. Les auteurs estiment que le large spectre affecté est le principal atout de cette nouvelle famille de Mab qui pourraient, grâce à la vitesse à laquelle ils peuvent être produits, permettre de contenir une pandémie en attendant l’arrivée de vaccins plus spécifiques.
Source : Sui J et coll, Nature Structural & Molecular Biology, 22 février 2009.
Les stents inutiles dans le traitement à distance de l’infarctus
Dans le traitement à distance des infarctus, les médicaments seuls donnent d’aussi bons résultats que si on leur ajoute un stent. Une équipe de Caroline du Nord vient ainsi de confirmer les résultats d’études précédentes, y compris ses propres résultats préliminaires, lors d’un essai portant sur 2166 patients. Après avoir démontré que les médicaments seuls étaient aussi efficaces sur le plan purement médical, les chercheurs ont voulu confirmer leurs effets sur la qualité de vie des patients traités sur 951 patients de l’étude précédente. Si les patients ayant reçu un stent se plaignaient moins au quatrième mois de douleurs poitrinaires et notaient leur qualité de vie à un niveau plus élevé que les patients sous médicaments seuls, les différences s’atténuaient peu à peu jusqu’à disparaître au bout de 24 mois. Par ailleurs, les patients ayant reçu un stent restaient 1, 2 jour de plus à l’hôpital que les autres et le coût moyen des 30 premiers jours après le traitement était de 22 859 dollars pour le groupe stent et 12 683 dollars pour l’autre. Au bout de 2 ans, la différence se maintient à 7000 dollars entre les deux groupes. Les auteurs concluent donc que leur étude démontre que « moins peut être un plus » et que, tant sur le plan médical que sur le plan financier, l’usage des médicaments seuls se révèle plus favorable. Ils rappellent également qu’une intervention au plus près possible de l’infarctus reste toujours l’option la meilleure.
Source : Mark D et coll, NEJM, 20 février 2009
Essai réussi de désensibilisation aux cacahuètes
Quatre enfants du Royaume-Uni ont été traités avec succès contre leur allergie aux cacahuètes par une méthode de désensibilisation. L’essai, réalisé par une équipe de Cambridge, a consisté à donner des quantités graduelles de farine de cacahuètes à 4 enfants allergiques à cet aliment, de 5 à 800 mg sur une période de 6 semaines. Les auteurs ont ensuite comparé la valeur limite que l’enfant pouvait supporter sans voir une réaction allergique se déclencher à celle qui avait été enregistrée au début de l’essai. Tous les enfants ont supporté la dose la plus élevée, qui correspond à 10 cacahuètes entières, y compris celui qui avait fait un choc anaphylactique lors de la première évaluation. Pour le plus sensible, le niveau de tolérance a donc été multiplié par 478. Les auteurs estiment qu’il s’agit de la première démonstration qu’un traitement à ce type d’allergie peut être envisagé et que le niveau atteint protège déjà largement les enfants d’une ingestion accidentelle. Ils rappellent cependant que cette approche ne peut être entreprise que sous surveillance médicale, une injection d’adrénaline ayant dû être administrée à l’un des enfants.
Source Clark A. et coll, Allergy, 20 février 2009.
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