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Kiosque international du 6 mars 2009

[5/03/2009]  |

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Bad news


Les suppléments au beta-carotène favorisent le cancer
L’usage à long terme de suppléments alimentaires à base de beta-carotène pourrait augmenter le risque de cancer du poumon, en particulier chez les fumeurs. C’est ce qu’ont pu observer des chercheurs de Caroline du Nord. Ils ont questionné plus de 77 000 Américains sur leurs prises de suppléments sur une durée de 10 ans et ont recoupé leurs réponses avec les données du registre de surveillance des cancers du poumon. La prise de rétinol et de lutéine pendant 4 ans ou plus était ainsi associée à un risque accru de cancer du poumon de 53 % et 102 % respectivement. Les chercheurs ont entrepris cette étude pour évaluer si le risque associé à ces produits, démontré pour de fortes concentrations au cours d’études dans les années 90, était visible dans la population générale, sans doute sensible aux informations diffusées dans les années 80 sur l’effet anti-oxydant du beta-carotène.
Source : Satia J et coll, Am J of Epidemiology, 28 février 2009.


Les plaques amyloïdes influencent tout le cerveau
L’impact des plaques amyloïdes qui se développent dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer, semblent avoir des effets au-delà des neurones sur lesquels elles se fixent. Une équipe de chercheurs du Massachusetts a pu observer que ces plaques augmentent l’activité des astrocytes dans l’ensemble du cerveau. Les astrocytes, qui constituent la moitié de la masse cérébrale et qui ont longtemps été considérés comme un soutien passif aux neurones, sont en fait capables de transmettre des signaux à base d’influx de calcium. En observant les cerveaux de souris transgéniques, les auteurs ont été surpris de constater des regains d’activité des astrocytes proches des plaques amyloïdes qui se transmettaient par vagues aux astrocytes les plus distants. Le taux de calcium au repos des astrocytes des cerveaux atteints était également supérieur à celui des cerveaux sains. Les auteurs soulignent que leurs travaux indiquent une perturbation des signaux calciques du cerveau due aux plaques amyloïdes mais qu’ils ne peuvent pas encore établir si ce changement est néfaste pour le cerveau.
Source : Kuchibhotla K et coll, Science, 1er mars 2009.


Régimes hypocaloriques peu efficaces
Quel que soit le groupe alimentaire visé, glucides, lipides ou protéines, les régimes amaigrissants fonctionnent, avec un succès modéré, dès lors qu’ils réduisent le nombre de calories ingérées. C’est l’observation d’une équipe américaine de chercheurs du Massachusetts et de Louisiane qui ont suivi le régime de 811 personnes pendant 2 ans. Quatre groupes de régime ont été créés, avec des proportions variables des 3 éléments dans lesquels les participants, dont 2/3 de femmes, ont été répartis en gardant une homogénéité d’âge, de revenus et d’origine géographique. Tous les régimes correspondaient à une réduction calorique de 750 calories par jour et restaient au-dessus de 1200 calories quotidiennes. Les sujets devaient également faire de l’exercice pendant 90 minutes par semaine. La perte de poids s’est révélée semblable dans tous les groupes et a atteint 5, 9 kg en moyenne à 6 mois. Après 2 ans, le chiffre s’était réduit à 4 kilos, tous les groupes ayant repris du poids après 12 mois. Les facteurs de risque cardiovasculaires, y compris le syndrome métabolique, ont reculé dans tous les groupes. Les auteurs insistent sur le fait que les patients ayant participé le plus aux séances de suivi ont perdu le plus de poids, allant jusqu’à 10 kg après 2 ans.
Source : Sachs F. et coll, NEJM, 26 février 2009.






Good news


Une nouvelle souche de VIH prometteuse
La modification d’un seul gène du VIH-1 a permis d’obtenir un virus capable d’infecter un macaque à queue de cochon. La mise au point de ce virus, réalisée par une équipe de l’université Rockefeller de New York, va permettre, pour la première fois, d’étudier la maladie directement sur un animal. Le virus modifié est basé sur une souche simienne mais partage 95 % de gènes avec le virus humain et les seules modifications, par rapport à la souche naturelle, portent sur le gène APOBEC3 qui permet normalement aux macaques d’éliminer le virus dès son entrée dans l’organisme. Comme chez les humains, le virus mutant se répand avec agressivité chez les macaques nouvellement infectés et reste détectable pendant au moins 6 mois. Il ne rend pas les singes malades, cependant, mais se comporte comme chez les humains naturellement résistants au VIH, les sujets asymptomatiques à long terme. La nouvelle souche de VIH a déjà été utilisée pour démontrer la faisabilité d’une méthode de prévention de l’infection par des anti-rétroviraux existants et pourrait, en affinant ses propriétés, être utilisée pour l’évaluation de candidats vaccins.
Source : Bieniasz P et coll, PNAS, 2 mars 2009.


L’insuline biphasique fait ses preuves
L’insuline biphasique (NovoMix 30) permet de réduire jusqu’à 31 % la glycémie des diabétiques de type 2 et les épisodes graves d’hypoglycémie sont réduits de 94 % en moyenne. Ce sont les premiers résultats de la phase initiale de l’étude IMPROVE menée par une équipe française, d’après les données de 8 pays (Canada, Chine, Grèce, Inde, Italie, Japon, Pologne et Russie) en attendant celles des autres pays impliqués. Dans cette phase, 52 419 patients ont été inclus, dont la majorité étaient déjà sous traitement anti-diabétique, oral ou injecté. Ils ont pris de l’insuline biphasique pendant 26 semaines et plus de 95 % ont reçu le traitement jusqu’à la fin de l’essai. La réduction de la glycémie atteint 23 % en moyenne pour les patients n’ayant jamais pris d’insuline injectée et 22 % pour les autres. Les patients ont par ailleurs tous atteint l’objectif indiqué par la Fondation internationale pour le diabète de moins de 7 % d’hémoglobine glycosylée HbA1c. Les résultats pour le Golfe, la Corée du Sud et l’Iran sont attendus avant la fin de l’année.
Source : Valensi P et coll, IJCP, mars 2009.


Un nouveau score pour prédire la fibrillation atriale
Le risque de fibrillation atriale pourrait être établi, dans le cadre des soins primaires, par une évaluation de 8 facteurs de risque. C’est la conclusion d’une équipe germano-américaine qui a analysé les données des 4764 patients âgés de 45 à 95 ans d’une cohorte d’étude cardiaque, suivis pendant 10 ans. Ils ont déterminé qu’âge, sexe, IMC, tension systolique, traitement anti-hypertenseur, intervalle PR, murmure cardiaque cliniquement sensible et insuffisance cardiaque étaient les facteurs de risque de fibrillation atriale les plus significatifs. Au bout de 10 ans, 10 % des patients en étaient atteints et les chercheurs ont pu vérifier que la valeur prédictive du score qu’ils ont mis au point se révèle fiable à tous les âges. Le risque atteint ainsi plus de 15 % pour les moins de 65 ans mais monte à 27 % après cet âge. Dans un commentaire accompagnant l’étude, des chercheurs australiens rappellent que la fibrillation atriale est la forme la plus commune de trouble du rythme, avec un doublement de la mortalité dans les 4 mois suivant le diagnostic. Un tel outil de prédiction pourrait également être la clé d’une meilleure prévention.
Source : Schnabel R. et coll, The Lancet, 27 février 2009.





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