L'INVITE > Dr André Deseur
Conseil national de l'OrdreLe médecin isolé, première victime de l’insécurité
[26/03/2009] |
Les médecins ont déclaré 535 incidents en 2008 à leur« Observatoire pour la sécurité ». La plupart des incidents ont lieu entre les murs de leur cabinet. Selon le Dr André Deseur, porte-parole du Conseil national de l’ordre, “l’année 2008 montre une relative stabilité des actes d’agression, mais les médecins renoncent souvent à signaler les faits dont ils ont été victimes.”
L’intégralité de l’entretien
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur. Telecharger
Les statistiques de l’Observatoire
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur. Telecharger
La violence s’immisce dans les cabinets médicaux
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur. Telecharger
La crise accentue les frustrations
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur. Telecharger
Les points-clés de l’entretien
- La baisse des incidents est illusoire
- 62 % des médecins agressés sont des généralistes
- L’insatisfaction des patients est à l’origine d’une majorité des incidents
- L’isolement est un facteur aggravant
- L’Ordre veut réactiver les partenariats avec les services de police
- Les conseils départementaux peuvent se porter partie civile
Les réponses à vos questions
Au cours de l’émission, il a surtout été question des incidents en médecine de ville mais quelle est la proportion en établissement publics ? Privés ? Et sait-on quels sont les services les plus concernés ?
Les déclarations reçues regroupent tous les modes et lieux d’exercice. Le lieu de survenue de l’incident a été dans 61% des cas le cabinet du médecin, dans 11 % en exercice de ville en un lieu autre que le cabinet, dans 11 % des cas un établissement de soins mais hors service d’urgence et dans 4 % des cas un service d’urgence. Cette répartition est à peu près stable au cours des années. Nous n’avons pas discerné entre établissement public ou privé.
Nous savons que dans un établissement de soins ce n’est pas, le plus souvent, le médecin lui-même qui est victime, le personnel de l’établissement se trouvant au premier et dernier contact avec le public. De même lorsque au sein d’un cabinet de ville le médecin travaille avec un secrétariat sur place ce dernier est le premier et dernier contact donc objet plus facilement de l’agression, quelle qu’en soit la nature.
L’Observatoire des violences hospitalières avec lequel des échanges sont entrepris ne discerne pas si la victime est ou non médecin. Nous allons organiser un partenariat de recueil de données avec cet organisme, ceci fait partie des projets du Dr Jean-François Guyonnard, responsable de notre Observatoire.
Pourquoi ce ne sont pas les services de police ou de gendarmerie qui produisent ces statistiques ?
C’est bien parce que les services de Justice, Police ou Gendarmerie n’analysent pas spécifiquement les agressions dont sont victimes les médecins et autres professionnels de santé que nous avons créé cet observatoire. L’un des buts de l’Observatoire a été et reste la reconnaissance par ces services de la particularité de ces situations pour permettre leur traitement et surtout leur prévention. C’est de plus l’une des missions de l’Ordre au service des professionnels que de leur permettre des conditions normales d’exercice. Au titre de sa mission qui est aussi au bénéfice de la population il convient de prévenir l’incidence de l’insécurité en matière d’accès aux soins. L’insécurité est génératrice de désertification urbaine, mais aussi rurale si elle s’étend comme on le pressent en dehors des villes.
Vos patients viennent parfois de loin. Avez vous eu la possibilité de mettre en place un dossier patient informatisé pour faire le lien avec les professionnels de santé proches du malade ?
Nous n’avons pas de dossier patient informatisé qu’il est possible de partager avec des acteurs de proximité. Le lien s’effectue par la transmission de l’ensemble des courriers et des résultats d’examens concernant le patient aux différents acteurs de santé de proximité, ainsi qu’au patient et à sa famille, et par l’élaboration de protocole de prise en charge adapté à chaque patient. Des liens sont également établis avec les médecins et les infirmières scolaires ou du milieu professionnel. Par ailleurs, des contacts téléphoniques ou par E mail sont établis.
Vous avez évoqué la mise en place de formations pour prévenir les dérapages verbaux et physiques. Qui les dispensera ? Comment seront-elles financées ?
C’est en effet l’un des projets du Docteur Jean-François Guyonnard. Il s’agit d’apprendre à gérer les situations de conflit ou d’agression. Des professionnels savent gérer ces situations et l’enseignent d’ailleurs dans le monde du travail. Ces formations pourraient de plus être l’occasion de rencontres entre professionnels de santé et policiers et gendarmes, ces derniers ayant à apporter leur expertise mais n’étant pas pour autant les « formateurs ». L’organisation se ferait sous l’égide des Conseils départementaux et leur cadre naturel nous semble pouvoir être les groupes de formation continue qui existent partout. L’Ordre n’a malheureusement pas les moyens d’assurer ce financement mais les partenariats doivent pouvoir se trouver avec la FMC, les responsables locaux de la sécurité publique.
Est-ce que ces incidents ne sont pas les conséquences des forfaits médicaux, des déremboursements, du contrôle accru sur les arrêts de travail ?
Ce ne sont probablement pas les déterminants principaux puisque l’on constate la stabilité des incidents en nombre et en incidence sur les dernières années. Il ne fait toutefois aucun doute que les pressions économiques sur la population sont génératrices de conflits. Les personnes en situation de difficulté attendent des médecins des aides, des réponses qu’ils n’ont pas le pouvoir de donner. Ces mesures de court terme ne viennent probablement que se surajouter à une évolution, involution a-t-on envie de dire, de l’ambiance sociétale et des relations sociales. La place du médecin qui reste perçu par certains contrairement à la réalité comme un nanti investi de pouvoirs majeurs est en cause.
Commenter :
Vous avez aimé cet article :
abonnez-vous au flux RSS
- L'INFO DE LA SEMAINE Près d’un médecin sur deux au bord de l’épuisement
- L'INFO DE LA SEMAINE La santé des seniors au travail
- FLASH INFO Des images pour faire peur aux fumeurs
- FLASH INFO Nouveau testing sur les refus de soins
- L'INFO DE LA SEMAINE Les clés pour décrypter les études contradictoires
- FLASH INFO Un nouveau plan cancer en juin
- KIOSQUE INTERNATIONAL Kiosque international du 27 mars 2009
Dr Nathalie Guffon
Centre de référence des maladies rares - Hospices civils de LyonAu chevet des maladies rares
LES REPONSES A VOS QUESTIONS
- 03/11/10 Pr Richard Treves - La fibromyalgie reconnue
- 27/10/10 Pr Robert Benamouzig - L’aspirine efficace dans le cancer colorectal
- 20/10/10 Pr Christophe Legendre - Des arguments en faveur des prélèvements sur donneur à coeur arrêté
- 12/10/10 Pr Gérard Lasfargues - Les nanotechnologies ouvrent une révolution médicale
- 21/04/10 Dr Patrice Josset - Les salles de garde sont condamnées
- 03/12/09 Dr Alain Serrie - La lutte contre la douleur, un droit de l’Homme comme les autres
- 01/10/09 Dr Martial Olivier-Koehret - Pourquoi un Collège de médecine générale
VOIR TOUS LES ARTICLES





