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Le cerveau ne vieillit pas inexorablement
[26/03/2009] |
| Des perspectives pour une véritable médecine régénératrice du cerveau s’ouvrent. La Semaine du cerveau a été l’occasion de comprendre à quel point la neurobiologie a bouleversé ses propres dogmes au cours des dix dernières années.
« Le cerveau est capable de produire de nouveaux neurones tout au long de la vie, pour réparer une lésion ou pour faire face à un nouvel influx d’informations ». Pierre-Marie Lledo, responsable de l’unité “Perception et mémoire” à l’Institut Pasteur, peut aujourd’hui l’affirmer. Et en une phrase, il résume la révolution de ces dix dernières années sur le cerveau. Une révolution qui va à l’encontre du dogme fixant le nombre de neurones à la naissance. La recherche avait déjà établi que tous les organes du corps disposent d’un potentiel de régénération, notamment par le biais des cellules-souches mais le cerveau semblait condamné à vieillir inexorablement dès la sortie de l’adolescence, jusqu’à ce qu’un chercheur suédois, Peter Eriksson,trouve en 1998 des neurones nouvellement formés dans l’hippocampe, la zone du cerveau qui gère la mémoire spatiale. En 2003, l’équipe de Pierre-Marie Lledo a découvert à son tour que de nouveaux neurones étaient produits au cœur même du cerveau et se dirigeaient très rapidement vers le bulbe olfactif. « Les 30 0000 nouvelles cellules nerveuses produites quotidiennement par un cerveau de souris normale circulent à l’incroyable vitesse de 150 µm/heure, plus de dix fois plus rapidement que dans le cerveau en développement de l’embryon pourtant bien moins encombré qu’un cerveau adulte » souligne-t-il (voir vidéo ci-contre). La même équipe découvre en 2004 la ténascine, molécule qui attire ces nouveaux neurones vers leur destination finale et établit en 2008 que des nouveaux neurones peuvent en fait être produits dans tout le cerveau et non pas à partir d’une source unique. Un concept qui révolutionne à nouveau la neurobiologie. Pourquoi les greffes de neurones sont inefficacesLes nouveaux neurones sont par ailleurs parfaitement fonctionnels et sont produits en plus grande quantité lorsque le cerveau en a besoin, comme l’une des expériences de l’équipe de Pierre-Marie Lledo a pu le démontrer. « En soumettant, tous les jours pendant 40 jours, des souris à des odeurs toujours nouvelles, nous avons pu prolonger leur mémoire olfactive de 30 minutes à 4 heures grâce au doublement du nombre de nouveaux neurones produits ». Les derniers travaux de cette équipe, qui devraient être publiés dans Nature Neuroscience, montrent que les neurones nouvellement produits sont capables de réagir plus efficacement aux stimulations. Ils sont cependant naturellement détruits s’ils ne sont pas utiles pour conserver une information. Pauline Lena |
Questions au au Dr Harold Cremer, directeur de recherche au CNRS, chef de l’équipe “Contrôle moleculaire de la neurogénese” de l’Institut de biologie du développement de Marseille Luminy.
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur. Telecharger Etudier les facteurs qui influencent le devenir des neurones
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