L'INVITE > François Malye

 Co-auteur du "livre noir des hôpitaux"

Les réformes de l’hôpital ont profité au privé

[2/04/2009]  |

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malye-090403Déperdition de moyens, personnel mal réparti, manque de pilote, multiplicité des corporatismes, dans “Le livre noir des hôpitaux”, François Malye dresse, avec Jérôme Vincent et Philippe Houdart, un réquisitoire sévère du service public. Un constat nourri par des années d’enquête menée au royaume de “l’opacité”.



L’intégralité de l’entretien

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Les inégalités d’accès aux soins

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L’opacité et les conservatismes

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Les bons élèves de l’hôpital

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Les points-clés de l’entretien

- Il y a une conquête du privé, des hôpitaux à bout de souffle, mais on ne veut pas le voir
- Les réformes de l’hôpital sont liées aux victimes
- On est en 2009 et il n’y a aucune donnée sur internet pour guider les patients
- La pénurie de médecins va gangréner les hôpitaux
- 40 % des évènements indésirables graves sont évitables
- Le cas du CHU de Caen n’est pas isolé


Les réponses à vos questions :

Depuis plus de 10 ans, vous publiez des palmarès sur les hôpitaux et les cliniques. Y a-t-il encore certaines données auxquelles vous ne parvenez pas à accéder, qui vous sont cachées ?
Toutes les informations sont cachées, rien n’a changé. A chaque demande d’un rapport, il faut saisir la Commission d’accès aux documents administratifs pour l’obtenir. Les indicateurs de résultat comme les taux d’infection nosocomiales sont également tenus secrets.

Vous dîtes qu’à l’hôpital, “le pire côtoie le meilleur”. Mais dans votre livre, vous ne parlez que du pire. Ne croyez-vous pas que vous jetez le discrédit sur l’ensemble du système et que cela peut être dangereux ?
Chaque année, nous dressons un palmarès des meilleurs. Il était de temps de montrer l’autre face du système. Nous ne faisons que notre métier de journaliste, qui est de révéler les dysfonctionnements.

Concernant les mercenaires, qui est, selon vous, coupable ? Les médecins eux-mêmes qui cherchent une meilleure rémunération ou les instances hospitalières qui embauchent sans contrôle ces professionnels ?
Qu’on laisse prospérer un tel système sans contrôle uniquement pour maintenir à bout de bras des plateaux techniques que leurs patients fuient en dit long sur le laisser aller des autorités sanitaires. Quant aux médecins, ils sont responsables eux-aussi mais ne font que profiter des brèches laissés ouvertes par les différents responsables.

A propos des petits hôpitaux, vous dîtes vous-même que dans certains cas, il y a un taux de fuite de 80 % chez les patients. Cela ne prouve-t-il pas que l’information sur la qualité des établissements est connu du plus grand nombre ?
Bien sûr. La plupart des gens savent que ces petits hôpitaux sont mauvais. Mais il faut penser aux 20% qui restent ! Généralement des gens âgés, qui ne peuvent se déplacer, et font, à tort,  confiance au système ou encore ceux pris en charge par les urgences et qui n’ont pas le choix

Pensez-vous possible qu’un jour, un élu local soit traduit en justice parce qu’il a tout fait pour conserver un établissement n’offrant la qualité de soins requise ?
Tout à fait. Ce serait peut-être la solution pour que les élus gèrent de façon responsable les hôpitaux dont ils président les conseil d’administration. Ils sont responsables de la sécurité sur le territoire de leur commune.





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