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L’éducation thérapeutique est officialisée
[19/06/2009] |
L’éducation thérapeutique est aujourd’hui inscrite dans la loi Hôpital Patients Santé Territoires. Qui peut en faire, comment la financer, des réponses concrètes à l’heure où ces programmes suscitent de nombreuses convoitises.
L’éducation thérapeutique (ETP) s’entend comme “un processus de renforcement des capacités du malade “. Elle fait partie du projet de soins. Elle va au-delà d’un simple accompagnement du malade pour une bonne observance des traitements. C’est l’OMS qui a fixé la définition.
La loi Bachelot (article 22) fait entrer l’ETP dans le code de la santé publique. La loi lui donne des objectifs simples : « le patient doit devenir plus autonome » et « sa qualité de vie doit s’améliorer ». Ce sont les agences régionales de santé qui déclineront les programme d’éducation thérapeutique. La loi reprend ainsi des recommandations faites par Christian Saout, président du Ciss, et les Prs Bernard Charbonnel et Dominique Bertrand dans un rapport rendu en septembre 2008.
Un point important : un patient qui refuse un programme d’education thérapeutique n’est pas pénalisé dans ses remboursements par l’assurance-maladie.
Quelles pathologies ? Les férus de santé publique répondent que toutes les pathologies peuvent être concernées par l’éducation thérapeutique du patient. Pour eux, l’ETP est une nouvelle manière de pratiquer la médecine, une nouvelle relation patient/soignant. « C’est une autre approche de la médecine, qui n’est plus centré sur la technique, la procédure, la phase aiguë », explique le Pr André Grimaldi, diabétologue et chef de service à la La Pitié Salpétrière.
Mais de manière plus pragmatique, ce sont les maladies chroniques qui sont essentiellement concernées. Le diabète, l’asthme, les maladies cardiovasculaires, la tuberculose ou le sida…
Qui peut faire de l’ETP ? Un médecin tout seul ne peut pas faire d’ETP. L’ensemble des professionnels de santé est concerné, l’ETP se pratique en équipe, avec le patient. Celui-ci peut jouer un rôle auprès des autres patients. L’Association française des hémophiles (AFH) a instauré des « patients ressources ». « Il doit avoir des capacités à animer des formations, précise Thomas Sannié, vice président de l’AFH. Aujourd’hui, elle est surtout développée à l’hôpital et dans le cadre de réseaux de santé.
La Haute Autorité de Santé a élaboré une méthodologie pour établir un programme d’éducation thérapeutique. Elle est à la disposition des professionnels de santé.
En outre, ceux qui veulent faire de l’ETP doivent avoir une formation. Or il n’y en a pas suffisamment.
Ecouter le Pr François Bourdillon, président de la société française de santé publique.
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Financement insuffisant. L’essentiel du financement provient de l’assurance maladie. Dans les hôpitaux, elle est financée par les enveloppes MIGAC. “Pas assez” selon les praticiens.
Ecouter le Pr André Grimaldi, chef de service à La Pitié Salpétrière.
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La loi Bachelot lance pour 2010 le projet d’un Fonds national qui pourrait être alimenté entre autres par les industries du médicament. Et Nicolas Sarkozy a fait un appel du pied aux organismes complémentaires.
En ville, les généralistes peuvent aussi obtenir des financements spécifiques en répondant à des appels d’offres des CPAM. C’est le cas du Dr Didier Ménard, généraliste en Seine-Saint-Denis, qui monte un nouvel atelier d’ETP en lien avec une maison de santé. Il rassemble des généralistes, des infirmières, des kinésithérapeutes, mais aussi des acteurs sociaux en rapport avec le quartier.
Ecouter le Dr Didier Ménard, généraliste en Seine-Saint-Denis
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De nouveaux acteurs. L’assurance maladie, financeur, est devenue acteur récemment en expérimentant un programme d’accompagnement des patients diabétiques dans dix départements (cf. article Medecinews). Le programme Sophia. En un an, 20 000 patients ont reçu des conseils par téléphone, selon le Dr Catherine Bismuth, directrice des assurés à la CNAM.
Les complémentaires souhaitent aussi entrer dans la partie, et instaurer un paiement au forfait auprès des professionnels de santé. Nicolas Sarkozy a donné son feu vert à de telles expérimentations lors du dernier congrès de la Mutualité française.
Ecouter Daniel Lenoir, directeur général de la Mutualité française.
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