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Rupture entre Bachelot et les médecins
[18/12/2009] |
La CSMF, qui claque la porte de la convention, MG France qui choisit un nouveau président pressé d’en découdre, rien ne va plus entre les médecins libéraux et Roselyne Bachelot. Analyse des raisons profondes de cette rupture et ses conséquences pour les médecins.
Le climat était déjà glacial mais aujourd’hui la rupture est bel et bien consommée entre les médecins libéraux et Roselyne Bachelot. En l’espace d’une semaine, le syndicat MG-France a pris clairement ses distances avec le ministre de la santé et la CSMF a décidé de claquer la portes des négociations conventionnelles. Il faut dire que quelques jours avant, Roselyne Bachelot avait indiqué que les vrais sujets seraient abordés après la tenue des élections professionnelles au printemps prochain.
Les raisons profondes de la rupture. C’est la multiplication des contraintes qui pèsent sur l’exercice libéral. La Hôpital Patients santé territoires votée cette année en a apportée de nouvelles. Par exemple, les contrats santé solidarité qui obligent les médecins à aider leurs confrères en zone sous médicalisées sous peine d’amende.
L’assurance maladie ressert aussi la vis sur les médecins. Les contrats d’amélioration des pratiques individuelles, lancés au printemps dernier, sans l’aval des syndicats ni de l’ordre, encadrent de plus en plus leur pratique. Ces contraintes sont à l’origine du malaise des libéraux. Et les généralistes l’ont manifesté cette semaine de façon évidente. Le principal soutien de Roselyne Bachelot, un des artisans de la loi HPST, le Dr Martial Oliver-Koerhet a été débarqué de la présidence de MG France. Il a été remplacé par le Dr Claude Leicher, « un spécialiste de médecine générale » de 56 ans, qui incarne une ligne beaucoup plus radicale.
Ecouter le Dr Claude Leicher, président de MG France
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Ce que réclame notamment le nouveau président de MG France, c’est que les « spécialistes de médecine générale » puissent coter en CS.
Mis à l’écart. La campagne de vaccination contre la grippe A, lancée cet automne, a contribué à une véritable crise de confiance des libéraux à l’égard de Roselyne Bachelot. Les médecins ont l’impression que leur ministre ne les écoute pas. L’organisation de cette campagne s’est faite sans concertation avec la médecine de ville malgré leurs appels répétés.
En outre, l’exercice libéral connait une crise profonde. Selon le conseil de l’Ordre, un médecin sur dix s’installe en libéral contre un sur deux il y a vingt ans. Les médecins tournent le dos à la médecine de ville. Pour Didier Tabuteau, directeur de la Chaire santé à Sciences Po, c’est le modèle de la médecine libérale conçue au début du Xxe siècle qui se fissure.
Ecouter Didier Tabuteau, directeur Chaire Santé de Sciences Po
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Quel l’avenir pour la convention des médecins libéraux ? La convention actuelle reste d’actualité jusqu’en février prochain. Si d’ici là, aucun accord n’est conclu. L’Etat reprendra la main. Il nommera un médiateur ,en l’occurrence Bertrand Fragonard, l’ancien président du Haut-Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie, et un règlement arbitral régira les relations avec les médecins. Cette solution permettra de patienter jusqu’aux élections professionnelles prévues au printemps prochain.
Pour Gilles Johanet, ancien directeur de la CNAM, le système conventionnel n’est pas mort.
Ecouter Gilles Johanet
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Refus des hospitaliers. L’ensemble des hospitaliers attend avec beaucoup de méfiance la mise en œuvre de la réforme Bachelot. Pire, ils contestent le pilotage économique de l’hôpital englué dans les déficits. A l’assistance publique hôpitaux de Paris, près de 875 praticiens menacent de démissionner de leurs fonctions administratives. Ils refusent le plan social qui prévoit la suppression de 1000 emplois de paramédicaux et de médecins.
Mathias Germain
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