L'INVITE > Vincent Enouf

 Chercheur au centre de référence du virus Influenza à l'Institut Pasteur

Les personnels soignants ne sont pas assez vaccinés contre la grippe

[19/09/2008]  |

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Si la dernière épidémie de grippe a été modérée, elle a aussi montré, souligne l’un des responsables du centre de de référence à l’Institut Pasteur, que les personnels soignants n’étaient pas suffisamment protégés. Par ailleurs, Vincent Enouf souligne que les pays se préparent de mieux en mieux face à une menace mondiale, grâce, notamment, au vaccin pré-pandémique.

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L’intégralité de l’entretien (Durée: 35 mn)

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Les leçons de la dernière épidémie (Durée: 9 mn)

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Le réseau de surveillance (Durée 15 mn)

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La menace pandémique (Durée: 11 mn)

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Les réponses à vos questions

Combien de souches virales de la grippe humaine et animale a-t-on identifié dans le monde ?
Plusieurs milliers de souches virales ont été isolées dans le monde depuis l’identification de ce virus en 1931. Les virus grippaux de type A sont divisés en sous-types, en fonction de leurs glycoprotéines de surface, HA et NA. Il existe 16 HA différentes et 9 NA qui sont différentiables de manière sérologique, c’est-à-dire que les anticorps contre un sous-type de virus ne réagissent pas avec un autre. Tous les sous-types de virus semblent circuler parmi les oiseaux aquatiques. Seuls certains de ces sous-types ont été identifiés chez l’homme, plus spécifiquement les virus H1N1, H2N2 et H3N2, correspondant aux trois pandémies majeures de siècle dernier.

Sait-on combien de fois les virus grippaux A ont subi des modifications génétiques, du siècle dernier à aujourd’hui ?
La réplication de l’ARN viral dans une cellule hôte infectée est un processus sujet à erreur, bien davantage que la réplication de l’ADN. Une des raisons en est le manque de ce que l’on appelle des mécanismes de relecture dans la réplication de l’ARN. Il résulte de ce manque de fiabilité de la réplication de l’ARN, une fréquence de mutation dans l’ARN du virus de la grippe, d’environ un pour 100.000 nucléotides. Si l’on prend en considération le fait que le génome entier du virus de la grippe est d’environ 14.000 nucléotides, ceci implique que de nombreuses nouvelles copies d’ARN du génome viral vont contenir une ou plusieurs mutations. La sélection de certaines de ces mutations donnera naissance à de nouveaux variants dotés d’un avantage sur le virus originel. Il est donc impossible d’estimer le nombre de modifications génétiques qu’ont subi les virus de type A, virus les plus fréquemment isolés, étant donné que ces mutations apparaissent à chaque cycle de multiplication.

Les tests “rapides” pour détecter les virus grippaux sont-ils suffisants ?

Depuis quelques années, des tests d’immunochromatographie dits "Tests Rapides" sont commercialisés pour la détection de virus respiratoires. Certains permettent de détecter de façon qualitative et parfois différentielle les antigènes de virus d’influenza A et B, d’autres apportent une détection rapide des VRS. Ces tests permettent de réaliser un diagnostic en dehors du laboratoire, en peu de temps, 10 à 30 minutes, mais souffrent d’un coût élevé et d’une sensibilité inférieure à celle de la culture variant de 75 à 95% selon les études et de 45 à 75% vis à vis de la PCR. Même si de nombreux médecins font appel à cette nouvelle génération de test, ces données indiquent que l’utilisation de ces tests peut avoir lieu essentiellement dans un contexte épidémique et qu’il est recommandé de réaliser une contre-expertise à l’aide de techniques virologiques plus sensibles.

La commercialisation du vaccin spécifique pour les personnes âgées est-elle prévue prochainement ?
De plus en plus de firmes productrices de vaccins s’interrogent sur la nécessité de fabriquer un vaccin dédié aux personnes âgées, vaccin induisant une réponse immunitaire plus forte. Sa commercialisation n’est pas encore prévue.

Si les professionnels de santé ne se vaccinent pas facilement, c’est que l’efficacité du vaccin est relative…
La vaccination antigrippale a pour résultat une réduction significative des maladies respiratoires liées à la grippe, du taux d’hospitalisation et de décès chez les personnes âgées et les patients à risque de complications sérieuses dues à la grippe. Des idées erronées au sujet des avantages de la vaccination contre la grippe et une surestimation de ses risques conduit à une acceptation réduite et à une utilisation sub-optimale des vaccins antigrippaux.

Vous semblez confiant sur la réponse que les pays pourraient apporter en cas de pandémie grippale,. N’y a-t-il pas un décalage avec les discours alarmistes que l’on entend régulièrement ?
La nature imprévisible des virus grippaux fait qu’il est impossible de savoir si les évènements récents montreront qu’on a échappé de justesse à un virus dangereux ou s’ils seront le prélude à la première pandémie du XXIème siècle. En cas de survenue, le monde sera mieux préparé qu’au début de 2004 car, averti longtemps à l’avance, mais il restera tout de même vulnérable.
 



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Vos commentaires :

  1. Bonjour et merci pour votre article. Je vous cite tout d’abord “La nature imprévisible des virus grippaux fait qu’il est impossible de savoir si les évènements récents montreront qu’on a échappé de justesse à un virus dangereux ou s’ils seront le prélude à la première pandémie du XXIème siècle.” L’origine du virus est très incertaine mais je me risque à vous poser une question peut être dérangeante. Concernant l’actualité je m’interroge sur la pandémie grippale liée au virus A/H1N1 qui est un variant recombinant des séquences virales d’origine porcine, aviaire et humaine. Dans un article sur les xénogreffes et les animaux transgéniques publié dans Noé, le magasine de One Voice, en février 2007 et intitulé quand la science dérape, l’auteur signalait déjà à l’époque, à côté de la question éthique liée à la souffrance animale et à son instrumentalisation au seul profit de l’être humain, un risque sanitaire de pandémie. Le choix du porc dont la taille est compatible avec l’humain comme source d’organes présenterait un grand inconvéniant. Selon cet article, le problème majeur de ces manipulations génétiques serait le risque de franchissement de la barrière transpécifique par des virus porcins difficilement détectables chez ces animaux généralement porteurs sains. Une fois humanisé, le virus qui peut être virulent chez l’homme présenterait un danger potentiel. Que pensez-vous de ces chimères que sont les animaux transgéniques qui transgressent la barrière des espèces ? La question des OGM dans l’industrie agroalimentaire et pour les biocarburants est aussi de ce type. Merci de votre avis

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