L'INVITE > Dr Paul Benkimoun

 Journaliste et auteur d'ouvrages scientifiques

Comment la médecine va changer notre vie quotidienne

[12/09/2008]  |

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Dans un ouvrage à paraître aux Editions de l’Archipel "Médecine, objectif 2035", le Dr Paul Benkimoun s’appuie sur les travaux actuels des chercheurs pour suivre la trajectoire des grandes évolutions médicales. " Mais, qui pourra réellement bénéficier des nanotechnologies, de la miniaturisation, des traitements sur mesure ou de la médecine régénératrice " demande ce journaliste?

L’intégralité de l’entretien (Durée: 42 mn)

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Le décalage entre progrès et société (Durée: 16 mn)

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Les principales avancées médicales (Durée: 14 mn)

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Les réponses aux grandes épidémies (Durée: 12 mn)

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Les réponses à vos questions

Est-ce que d’ici 2035, de nouveaux virus vont toucher la planète et est-on capable de prévenir leurs éventuels ravages ?
Nous aurons certainement de nouvelles mauvaises surprises avec l’émergence de nouveaux agents infectieux. C’est un processus habituel. Si on ne connaît pas les futurs agents infectieux qui s’attaqueront à l’homme, on ne peut non plus prédire l’aire géographique dans laquelle ils se situeront. Il reste que nous n’avons jamais eu un réseau de surveillance et d’alerte à ce point développé dans le monde. Ce qui est plutôt rassurant. Aux alentours de 2020, nous pourrions même prévoir la survenue d’une pathologie grâce aux satellites. En recueillant des données sur les bouleversements climatiques, les satellites pourront aider les médecins et les populations à mieux se préparer à l’arrivée d’une épidémie.
 
Concernant l’obésité, vous faites le pari que l’étude de la flore bactérienne intestinale va nous fournir une arme efficace contre cette épidémie. Mais, ne faut-il pas d’abord changer nos comportements alimentaires ?
La modification des comportements alimentaires, sans oublier celle des habitudes de vie (activité physique, etc.), reste indispensable aujourd’hui comme le sera le maintien d’habitudes plus saines à l’avenir. Il est cependant probable, vu l’ampleur de l’épidémie d’obésité qui se répand dans le monde que cela ne suffira pas. D’autant que nos habitudes ne sont pas indépendantes de facteurs sociaux, ne serait-ce que le coût des produits de meilleure qualité. Les approches visant à modifier l’équilibre de la flore bactérienne intestinale viennent donc en éventuel complément d’une meilleure hygiène de vie.
 
Vous êtes-vous penché sur les progrès que nous allons faire en psychiatrie ? Alors que l’on parle sans cesse de notre surconsommation d’antidépresseurs, va-t-on améliorer le traitement de la dépression ?
Nous abordons effectivement quelques innovations à venir en matière de psychiatrie. Concernant la dépression, Sylvie Riou-Milliot s’est intéressée à une technique non-médicamenteuse prometteuse, la stimulation magnétique transcrânienne, qui a commencé à être expérimentée dans les années 1990. Elle est indolore et ne nécessite aucune implantation d’électrode, le champ magnétique étant appliqué en surface. Nous avons imaginé qu’elle puisse être appliquée en pratique courante à partir de 2015, mais ce n’est qu’un pronostic.
 
Vous soulignez que les progrès de la médecine ne serviront pas seulement à réparer l’homme. Qu’est-ce que l’homme ou la femme de 2035 sera donc capable de faire, qu’il ne fait pas aujourd’hui ?
Potentiellement, les progrès médicaux et technologiques pourraient permettre d’aller au-delà de la restitution de facultés perdues ou congénitalement absentes : accroissement de la durée de vie, prothèses et interfaces cerveau-machine devraient logiquement s’étendre. Ces innovations et celles que l’on peut imaginer alimentent aussi des théories sur « l’homme augmenté », qui serait ainsi doté de capacités supérieures à celles déjà connues de notre espèce (vision, force…) au moyen de différents dispositifs y compris les "exosquelettes" qui peuvent aider un paraplégique à marcher, mais aussi permettre à un travailleur ou à un soldat de soulever des charges plus lourdes. Nous sommes là dans une zone, entre projections et fantasmes, qui soulèvera naturellement de nouvelles questions éthiques.

 



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