L'INVITE > Pr Jean-Michel Oppert
Nutritionniste à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière et expert auprès de l'INSERML’activité physique réduit le risque de mortalité de 30%
[4/04/2008] |
Dans l’expertise collective que vient de présenter l’INSERM, la France est à la traîne de l’Europe en matière d’activité physique. Les médecins devraient, selon le Pr Oppert, "prescrire" des conseils hygiéno-diététiques. Cette prescription devrait être reconnue dans le cadre de l’éducation thérapeutique.
L’intégralité de l’entretien (Durée: 35 mn)
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L’état des lieux (Durée: 14 mn)
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L’activité physique est un médicament (Durée: 8 mn)
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Comment prescrire l’activité physique (Durée: 13 mn)
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Les réponses à vos questions
Vous dites que les enfants devraient faire au moins une heure
d’activité physique par jour. Faites-vous des propositions pour la
favoriser en milieu scolaire par davantage d’heures de sport, des
conseils dispensés par les instituteurs … ?
Effectivement, la recommandation pour les enfants est une heure quotidienne d’activité physique, modérée à intense. Concernant le sport en milieu scolaire, le nombre d’ heures d’éducation physique est fixé par l’Education Nationale. C’est donc un cadre légal. On peut noter qu’il a été proposé récemment par le gouvernement d’augmenter le nombre d’heures d’éducation physique et sportive, ce qui est certainement une bonne chose. Cependant, dans ce domaine on déborde un peu du rôle médical.
Un bon levier est d’agir sur l’ activité physique en périscolaire. Une étude menée à Strasbourg par Chantal Simon a montré qu’en favorisant l’activité physique sur une base volontaire en périscolaire, on pouvait prévenir le développement du surpoids chez les enfants. Les associations du sport scolaire font un travail très important, qui pourrait encore être développé.
On voit souvent défiler dans la salle d’attente des enfants ou des ados qui ne veulent pas faire d’activité physique. Qui est le mieux placé pour tenter de les convaincre : nous ou les parents ?
D’après les enquêtes, les professionnels de santé sont relativement bien placés pour donner des conseils d’activité physique. C’est un bon point pour nous. Mais les enfants et les ados ne sont pas très sensibles aux arguments de santé et de prévention. Je crois plutôt aux images, aux rêves, aux passions qui peuvent être en rapport avec le sport.
Si l’activité physique est le meilleur des médicaments, pourquoi, selon vous, sa prescription, par exemple, durant une consultation spécialisée, n’est-elle pas prise en charge ?
Existe-t-il des pays où cette prise en charge est pratiquée ? Si oui, a-t-on mesurer les bénéfices ?
Des pays scandinaves ont mis en place des systèmes de prescriptions d’activité physique remboursées. Mais les résultats ne sont pas toujours concluants.
En France, des réflexions sont en cours pour savoir comment mieux inscrire les conseils d’activité physique dans les prises en charge : faut-il une consultation médicale ? Les actes des auxiliaires médicaux pourraient-ils également être pris en charge ? … Ces questions rejoignent le débat plus général sur l’éducation thérapeutique. Une commission sport et santé a été installée la semaine dernière pour travailler sur ces thèmes.
Mais je ne suis pas forcément favorable à une médicalisation excessive dans le cadre de la prévention ou de la promotion de la santé.
Lorsqu’un homme de cinquante ans reprend une activité physique et qu’il ne présente pas de risque particulier, il a souvent l’impression qu’il pourra courir le marathon. Y a-t-il des recommandations pour le freiner dans ses ardeurs ?
Un homme de 50 ans sédentaire qui reprend une activité physique justifie un examen médical et éventuellement un test d’effort s’il a des facteurs de risque.
Cette évaluation préalable permet d’une part de s’assurer de l’absence de contre-indications médicales et d’autre part de donner des conseils pour recommencer progressivement. Dans une majorité des cas, c’est le médecin traitant qui pourra prendre en charge dette évaluation. Dans les cas complexes ou pour certains sports spécifiques, c’est le médecin du sport qui est le spécialiste le plus à même de délivrer ces conseils..
Je n’ai pas assez de temps pour détailler à mes patients les bonnes règles d’activité physique. Existe-t-il des brochures bien faites et actualisées à laisser dans les salles d’attente ?
Il existe effectivement des kits d’information sur l’activité physique avec des brochures, des autocollants, des affiches, des guides…. Elles ont été réalisées dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS), et sont disponibles auprès de l’Institut National de Prévention et d’Education à la Santé ( www.inpes.sante.fr et www.mangerbouger.fr). D’autres documents sont disponibles par l’intermédiaire de la Fédération Française de Cardiologie (FFC).
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