L'INVITE > Pr Claude Maylin

 Chef du pôle imagerie-cancérologie de l'hôpital Saint-Louis

Obtenir le risque zéro pour la sécurité médicale

[21/03/2008]  |

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Pour le Pr Maylin, l’informatisation des systèmes de santé, les progrès accomplis ces dernières années devraient inciter le secteur médical à s’inspirer des normes de sécurité et des méthodes  d’évaluation en vigueur dans l’aviation civile. C’est, dit-il, la confiance des malades qui est en jeu.

L’intégralité de l’entretien (Durée: 36 mn)

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La médecine contrôlée comme l’aviation ? (Durée: 20 mn)

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Les exemples de la chimiothérapie et de la radiothérapie (Durée: 9 mn)

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Les mesures à prendre (Durée: 7 mn)

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Les réponses à vos questions

Tendre vers le risque zéro pour les malades, c’est bien. Mais n’est ce pas démagogique –ou en tout cas irréaliste- de leur faire des promesses en ce sens ?

La quête du risque zéro, on l’a vu pour la sécurité aérienne où le capitaine de bord a cent, deux, voire trois cents personnes en responsabilité vitale, c’est important. Le commandant de bord doit donc appliquer les consignes de sécurité avec une grande rigueur. En médecine, c’est pareil, il faut appliquer les règles de sécurité médicale et d’information au patient. En sachant, bien sûr, que le risque zéro est un risque théorique, parce qu’il y aura toujours des petites anomalies, parce qu’il y aura toujours des erreurs. L’erreur est humaine, certes. Mais à nous d’établir des systèmes de contrôle, des procédures de vérification, pour la repousser le plus possible. Le but, c’est d’essayer d’avoir un exercice professionnel qui tende vers l’excellence.

La mise en place d’une formation médicale continue digne de ce nom, pour les libéraux comme pour les hospitaliers, ne résoudrait-elle pas une grande partie des problèmes ?

Nous l’avons dit au cours de l’émission, la médecine moderne doit s’adapter aux nouvelles technologies, aux nouveaux traitements, aux nouveaux médicaments. Par conséquent il y a deux impératif pour le médecin, qu’il soit en libéral ou en secteur public : se tenir au courant de ces évolutions, en fait, être en état de veille scientifique permanente, rester informé, notamment par internet qui est aujourd’hui un outil essentiel et incontournable. Et deuxièmement, le médecin doit participer régulièrement à des formations une à deux fois par an pour entretenir cette veille scientifique et médicale.

Vous dites qu’il y a des résistances aux réformes. Viennent-elles des pouvoirs publics ou du corps médical ?

La difficulté des réformes en France est un problème global, mais qui se porte avec beaucoup d’acuité dans le domaine de la santé. Beaucoup de lois ont été faites, mais  la médecine moderne évolue, les demandes des patients aussi. Ne serait-ce que par exemple le cas de cette patiente atteinte d’un esthésioneuroblastome qui demandait que l’on mette fin à ces jours. Cette demande pose un problème d’éthique, et la loi est restée rigide. Finalement, d’après ce que nous savons, la malade aurait trouvé sa solution personnelle en contournant la loi. Donc, les réformes il faut les faire. Il faut savoir se remettre en question dans le domaine médical, il faut se confronter à l’administration. Et dans tous les cas, les médecins doivent faire preuve d’ambition, de souplesse et de diplomatie.

Dans mon service, mais l’exemple ne doit pas être isolé, nous devons économiser et rationaliser les coûts. Or, les protocoles dont vous parlez prennent du temps et sont onéreux. Comment faire pour satisfaire les deux exigences ?

En effet, cette équation est difficile à résoudre. D’une part le médecin doit s’adapter aux nouvelles technologies, aux nouveaux médicaments qui sont de plus en plus coûteux, et d’autre part les exigences d’économie de santé se font bien sentir, la Sécurité sociale cumule les déficits. Nous, les professionnels de santé, nous pouvons en partie résoudre cette équation dans nos prescriptions. Il est nécessaire que les médecins fassent des prescriptions protocolaires, des prescriptions qui sont connues et validées par les scientifiques et les économistes. La rigueur dans la prescription des examens à faire, et dans la prescription des médicaments est importante, et légitime. C’est aussi à la société et aux politiques de faire des choix, comme notamment dans le cadre du Plan Cancer où des crédits spécifiques ont été attribués pour permettre l’apparition et l’utilisation de nouveaux médicaments.
 



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