L'INVITE > Pr Marc Girard
Virologue, consultant pour l'OMSContre l’hépatite B, une mobilisation s’impose
[23/04/2009] |
Alors que le taux de vaccination des enfants contre l’hépatite B atteint 70 % dans les pays voisins, celui de la France ne dépasse pas 30 %. Pour le Pr Marc Girard, il est urgent de convaincre les professionnels de santé et le grand public de l’intérêt de ce vaccin et de l’absence de lien avec la survenue de scléroses en plaques.
L’intégralité de l’entretien (Durée: 30 mn)
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La couverture vaccinale en France (Durée: 10 mn)
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La contradiction entre le juridique et le scientifique (Durée: 10 mn)
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Comment convaincre les professionnels de santé (Durée: 10 mn)
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Les réponses à vos questions
Avez-vous connaissance d’une relation de causalité éventuelle entre vaccination hépatite B et myasthénie ?
Non, je n’en ai pas entendu parler.
N’est-ce pas la précipitation dans laquelle cette campagne de vaccination a été conduite qui a engendré une telle suspicion ?
Oui, en partie sans doute. Il y a surtout eu ensuite un effet d’emballement entretenu par les media. L’idée de vacciner les nourrissons et en même temps de faire un “rattrapage” des enfants à 10-12 ans n’a rien en soi que de très banal. Mais tout le monde a tenu alors à se faire vacciner.
Parmi les différentes études publiées sur le sujet, l’une a établi une possible causalité entre la vaccination et la SEP. Pourquoi cette étude n’est-elle pas prise en compte et quelles étaient précisément ses conclusions ?
Il existe une seule étude qui aille dans ce sens. Ses conclusions ont été sévèrement critiquées par tous les spécialistes d’épidémiologie. Prendre en considération tous les évènements secondaires survenant dans les 4 ans qui suivent une vaccination, ce n’est pas très sérieux!…
Les études sur le vaccin anti-hépatite B ont beau être rassurantes, ce n’est pas le message qui passe dans les médias. Ces dernières années, j’ai essayé de convaincre mes patientes de vacciner leurs enfants, mais j’ai l’impression de prêcher dans le désert. Si on veut vraiment « réhabiliter » le vaccin, ne faudrait-il pas que les pouvoirs publics s’engagent plus fermement ?
Assurément si. Il faudrait d’ailleurs commencer par augmenter la couverture vaccinale chez les nourrissons, message d’autant plus facile à transmettre (et à recevoir) que comme vous le savez, les nouveaux nés n’ont que peu de myéline et ne courent donc aucun “risque” de ce côté là!
Dispose-t-on, sur un plan scientifique, du recul suffisant pour affirmer qu’il n’y a pas de lien entre la vaccination et la maladie ?
Les premiers vaccins hépatite B remontent aux années 1980. Des millions de doses ont été administrées dans le monde. Aucune étude n’a montré la moindre corrélation entre la vaccination et une quelconque maladie.
Comment expliquez-vous que l’incidence de l’hépatite B diminue depuis des années en France, alors que la population est de moins en moins vaccinée ? Dans ce contexte, on a du mal à comprendre que vous présentiez le vaccin anti hépatite B comme une priorité de santé publique…
La couverture vaccinale en France est parmi les plus faibles en Europe : à peine 30 % des nourrissons y sont vaccinés, contre 70 à 80 % en Espagne, Italie ou Allemagne. L’hépatite B, dont l’incidence a été évaluée par l’InVS en 2005 à environ 1/100 000 en France, y serait la cause directe de 1500 décès par an. Notre pays compte 280 000 porteurs chroniques du virus, avec tous les risques d’évolution vers la cirrhose et l’hépatocarcinome que vous connaissez !
Comment les pays étrangers analysent la situation française ?
Avec peut-être un peu d’humour (nous sommes un “village gaulois” !) et une grande consternation. Notez que les anglo-saxons ont leur propre problème, les ligues anti vaccins prétendant chez eux que les vaccins (surtout d’ailleurs le vaccin rougeole) seraient la cause de l’autisme !
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