A SUIVRE > Alcool
Les cadres trinquent, les ménages se protègent
[8/02/2008] |
| L’alcoolisation à risque caractérise les hommes de 25 à 64 ans et les catégories aisées, comme les femmes cadres.
Face aux addictions, la santé publique a marqué des points dans le domaine du tabac. Mais qu’en est-il de l’alcool ? Un homme sur deux, entre 25 et 64 ans, a une consommation à risque, ponctuel ou chronique, en France. Et d’après l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES), les hommes qui ont une consommation à risque chronique représentent 13% de la population masculine. C’est-à-dire qu’ils boivent en moyenne 22 verres d’alcool, ou plus par semaine, ou plus de six verres au cours d’une soirée. En revanche, ces modes de consommation sont moins fréquents parmi les femmes : environ 2% d’entre elles sont des consommatrices à risque chronique et 10% présentent un risque ponctuel. |
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur. Telecharger Dr Philippe Batel. En effet, il y a eu ces Etats généraux mais ils se sont déroulés dans un contexte un peu particulier, la fin d’un mandat présidentiel, et il y eu de manière concomitante la mise en place d’un plan national de prise en charge et de prévention des addictions (2007-2011). J’ai beaucoup suivi le développement de ce plan parce que je fais partie de la Commission nationale des addictions. On a du mal à voir, pour l’instant, comment ce plan va répondre aux besoins. Il a l’inconvénient d’être très centré sur l’hôpital. Or, le vrai problème de fond avec les patients malades de l’alcool, c’est d’augmenter le repérage précoce. Et probablement de diversifier les prises en charge. Car il est peu probable que ce soient seulement les alcoologues qui puissent prendre en charge les trois millions de patients alcoolo-dépendants. Dr P. B. Il faut que chaque médecin, en particulier les médecins généralistes, s’investissent dans le répérage précoce et la prise en charge des sujets en difficulté avec l’alcool, parce le recours ne peut être que les centres de soins archi-spécialisés. Et beaucoup de patients n’ont pas envie de mettre en place un projet de soins trop lourd ou trop spécialisé qui va forcément passer par une hospitalisation. Dr P. B. Ce plan comprend des tas de choses très positives. Comme, par exemple, chaque service d’accueil et d’urgence doit être doté d’une unité de liaison d’addictologie, c’est-à-dire une infirmière, un psychologue et des vacations médicales pour aller voir les patients qui ont des soucis avec l’alcool et de profiter de leur hospitalisation pour engager quelque chose. Cette mesure est un des bons éléments du plan addictologie. Mais ce plan est relativement peu financé. De plus, le financement se fait sur la tarification à l’acte… Et là on arrive à des situations compliquées. La T2A a un effet très pervers. Cela modifie considérablement la façon que l’on a de travailler. Ce système mis en place par souci de bonne gestion et d’économie arrive à faire de la surdépense médicale. L’exemple typique, c’est l’hospitalisation d’un patient pour un sevrage. Il va rester douze ou treize jours, mais vous allez le convaincre de rester trois jours de plus parce que au-delà de seize jours l’acte passe à une tarification nettement plus avantageuse pour l’hôpital, le fameux GHM pour sevrage complexe permet à l’établissement de toucher trois fois plus que s’il n’était resté que treize jour. Entretien avec M.G. |
Commenter :
Vous avez aimé cet article :
abonnez-vous au flux RSS
- L'INFO DE LA SEMAINE Les ALD concentrent 60% des dépenses maladie
- A SUIVRE L’âge des questions
- L'INFO DE LA SEMAINE Le Prozac à partir de huit ans et avec des pincettes
- KIOSQUE INTERNATIONAL Kiosque international du 08/02/2008
Questions à…




