Bad news
Prévenir 32 millions de morts en Chine
Bronchite obstructive pulmonaire chronique, cancer des poumons et tuberculose sont 3 des causes les plus fréquentes de décès en Chine. Une étude chinoise démontre que l’arrêt du tabac et de l’usage des carburants solides (charbon, bois, tourbe….) pourrait éviter jusqu’à 32 millions de morts au cours des 25 prochaines années. Le modèle établi par les auteurs démontre que, dans les conditions actuelles, 65 millions de chinois mourraient de BOPC dont la cause serait le tabac et les carburants solides dans 82% des cas. Le cancer du poumon pourrait tuer 18 millions de personnes, par les mêmes causes dans 75% des cas. Les chercheurs insistent sur le fait que des interventions, comme des taxes ou des interdictions d’usage, destinées à réduire progressivement ces deux habitudes néfastes pourraient éviter jusqu’à 26 millions de morts par BOPC et 6,3 millions de morts par cancer du poumon. Pour la tuberculose, les chiffres, une réduction des décès de 14 à 71%, sont dépendants de la mise en place des traitements courts sous observation.
Source : Hsien-Ho L. et coll, The Lancet, 4 octobre 2008
Trois gènes impliqués dans la goutte
L’association de trois gènes jouant un rôle dans la régulation des taux d’acide urique multiplient le risque de goutte par 40. Des chercheurs du Maryland ont fait cette découverte en analysant le génome complet de plus de 11 000 sujets, aux Etats-Unis et au Pays-Bas. L’hyperuricémie est reconnue comme un facteur de risque pour la goutte et cette équipe avait déjà démontré l’importance de la génétique dans cette affection, avec une héritabilité des taux sériques d’acide urique atteignant 63 %. Ils expliquent désormais la concentration sérique par l’action de 3 gènes agissant directement sur la synthèse d’acide urique, son excrétion et son absorption. Outre l’intérêt éventuel en termes de dépistage, les auteurs indiquent que ces résultats pourraient également conduire à éviter de prescrire des médicaments favorisant la concentration d’acide urique aux patients porteurs de ce risque accru.
Source : Fox, C et coll, The Lancet, 30 septembre 2008
Dépister la dépression chez les malades cardiaques
Les malades cardiaques ont un risque accru de dépression, ce qui peut affecter leur pronostic cardiaque et leur qualité de vie. C’est le constat que l’American Heart Association (AHA) vient de réaliser, en analysant les nombreuses études qui sont désormais disponibles sur le sujet. Les chercheurs de l’AHA observent que la dépression est 3 fois plus fréquente chez les malades ayant subi un infarctus que dans la population générale mais qu’elle n’est pas recherchée de façon systématique par les médecins. Des études récentes montrent que les patients déprimés suivent moins bien leurs traitements et les recommandations qui leur sont données sur leur style de vie. Les patients cardiaques déprimés ont un risque doublé de subir un autre incident cardiaque jusqu’à 2 ans après le premier. L’AHA indique, par ailleurs, qu’un questionnaire simple pourrait permettre de dépister la dépression chez ce type de patient et devrait être utilisé dès les premières consultations et pendant toute la durée du suivi.
Source : Lichtman J. et coll, Circulation, 29 septembre 2008
Régimes difficiles pour les femmes enceintes
Plus les femmes font attention à leur poids, plus il leur est difficile de le contrôler à l’occasion d’une grossesse. C’est ce qu’a pu observer une équipe de chercheurs de Caroline du Nord en analysant les comportements de 1223 femmes lors de leur 2e visite médicale prénatale. Trois catégories sont apparues : les femmes qui suivent des cycles de gain et de perte de poids, celles qui se restreignent et suivent en permanence leur poids et leur alimentation et enfin celles qui sont souvent ou toujours au régime. Les « cycliques » ont gagné en moyenne 2 kg de plus que toutes les autres femmes. Dans les autres catégories de femmes conscientes de leur poids, seules celles de poids normal ou élevé ont pris plus de poids que les autres. Les femmes en sous-poids avant leur grossesse, quelles que soient leurs habitudes alimentaires, ont eu un gain de poids normal. Dans l’ensemble, les participantes ont vu leur poids augmenter de 15, 4 kg pendant leur grossesse, un gain excessif dont les auteurs soulignent qu’il peut augmenter les risques de diabète gestationnel, de césarienne et le poids de naissance de l’enfant.
Source : Siega-Riz M. et coll, J of the Am Dietetic Association, Octobre 2008
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Good news
Un dépistage salivaire des cancers ORL
La détection de 5 protéines présentes dans la salive pourrait être la base d’un nouveau dépistage d’un cancer dans la sphère ORL. Chacune des protéines du test mis au point par une équipe californienne est individuellement liée à la présence d’un cancer. Le test, utilisé sur 64 patients venant de recevoir un diagnostic de cancer et 64 contrôles indemnes, est capable de détecter le carcinome des cellules squameuses avec une sensibilité de 90 % et une spécificité de 83 %. La validation croisée par élimination d’un élément a permis d’obtenir une fiabilité totale de 85 %. Les auteurs indiquent qu’un tel dépistage, non invasif et facile à mettre en ½uvre, serait particulièrement utile pour ce cancer qui n’est souvent détecté que dans ses phases les plus avancées, avec un taux de survie à 5 ans extrêmement faible. Ils espèrent pouvoir tester ce nouvel outil sur des patients ayant un risque élevé pour ce type de cancer.
Source : Hu S et coll, Clinical Cancer Research, 1er octobre 2008
La mammographie assistée par ordinateur fait ses preuves
Un seul examen mammaire réalisé avec des systèmes de détection assistés par ordinateur donne des résultats semblables à ceux de la mammographie avec double lecture actuellement recommandée. Lors d’une large étude randomisée réalisée par une équipe d’Aberdeen, un seul cancer n’a pas été détecté par une lecture simple assistée par ordinateur. L’examen des seins de 31 057 femmes a permis de détecter 199 cancers sur 227 avec la double lecture classique et 198 par la méthode assistée par ordinateur. La différence n’est pas non plus significative pour la sensibilité ou la valeur prédictive positive. Seul, le taux de retour était très légèrement plus élevé pour la lecture simple. La double lecture, qui permet d’améliorer de 10 % le taux de détection des cancers, est une pratique standard dans 12 pays européens alors que les logiciels d’interprétation sont largement utilisés aux Etats-Unis. Les auteurs espèrent que ce travail permettra d’éteindre la controverse sur la valeur de ces deux techniques.
Source : Gilbert F. et coll, NEJM, 1er octobre 2008
Les statines protègent les artères du vieillissement
Les statines, prescrites pour réduire le cholestérol et le risque d’infarctus du myocarde, pourrait avoir un effet bénéfique sur les artères en les protégeant du vieillissement prématuré observé chez les malades atteints de maladies cardiaques. Une équipe de l’université de Cambridge a en effet observé que les statines avaient la capacité d’accélérer le processus de réparation de l’ADN dans les cellules des artères atteintes en agissant sur les protéines NBS-1 et Hdm2 . Cet effet pourrait être d’autant plus important que les cellules des artères des patients atteints se divisent jusqu’à 13 fois plus vite qu’en l’absence de maladie cardio-vasculaire et vieillissent donc plus rapidement. Les auteurs indiquent que les artères des patients les plus gravement atteints peuvent être biologiquement plus âgées de 40 ans que les sujets eux-mêmes. Ils insistent sur le rôle que peuvent jouer les statines sur l’âge des artères tout en rappelant qu’une hygiène de vie capable de réduire le stress oxydatif qu’elles subissent est également un élément positif important.
Source : Bennett M. et coll, Circulation Research, 26 septembre 2008
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