Une main tendue à un évêque négationniste, une « gifle » à une petite fille de neuf ans contrainte d’avorter après avoir été violée par son beau-père, une « excommunication » du préservatif, Benoît XVI poursuit à grands pas sa marche intégriste. A l’occasion d’un déplacement en Afrique, le pape a déclaré qu’on ne pouvait pas « régler le problème du sida avec la distribution du préservatif », ajoutant que leur utilisation « aggrave le problème ». Plus prudent, son prédécesseur s’était limité au rappel de la doctrine fondée sur la chasteté ou la fidélité.
Des propos difficiles à justifier au moment où la 15e édition du Sidaction va rappeler des chiffres terribles : 33 millions de séropositifs dans le monde, un mort et une contamination toutes les dix secondes. Difficile à entendre pour l’immense majorité de malades qui, en Afrique et dans les pays pauvres, ne bénéficient d’aucun traitement. Difficile à concevoir pour ces combattants, médecins et bénévoles, qui tiennent la main de ceux qui souffrent. Difficile à imaginer pour ces prêtres d’Afrique ou d’ailleurs qui répètent inlassablement les mêmes messages de prévention. Difficile à comprendre pour une jeune génération qui a grandi avec la mort en face. Difficile à défendre face à la communauté catholique qui choisit la réalité contre le dogme.
Mauvaise interprétation, précisons, une fois encore, le Vatican va tenter de recoller les morceaux et minimiser la portée de ces déclarations archaïques. Il n’empêche. A force de ramener l’Eglise sur des chemins sombres et d’oublier ceux de la vie, ce pape risque bien de se perdre complètement.
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