Au milieu du flot d’informations que nous recevons tous, il nous arrive de découvrir qu’un homme politique ou un personnage public est ou pourrait être médecin. C’est le cas de Martin Hirsch, et dans son cas, franchement, est-ce que cela change quelque chose qu’il ait été étudiant en médecine ou médecin ?
La médecine a pourtant accueilli dans ses rangs des célébrités qui ont parfois brillé – de façon plus ou moins bienveillante – pour des raisons extra-médicales. Les noms qui me viennent spontanément sont Louis-Ferdinand Céline, Mikhaïl Boulgakov et Alexis Carrel, et bien sûr Bernard Accoyer, Philippe Douste-Blazy et Bernard Kouchner. Deux questions méritent d’être soulevées :
° leur identité de médecins a-t-elle pesé sur leur talent et leur vision de monde ?
° leur célébrité vient-elle démontrer que la médecine était, voire est encore, une discipline phare de notre société occidentale ?
Si l’on se tourne vers la récente histoire de France, on peut constater que s’est noué un lien organique entre la médecine et la République sous-tendu par la convergence de valeurs laïques luttant contre la religion et les croyances et célébrant les vertus du progrès scientifique, et une large fraction du corps médical, notamment à travers ses figures emblématiques. C’est pour cette raison que les médecins ont été fortement représentés dès la fin du 19e siècle au sein des institutions républicaines. Entre 1875 et 1902, les médecins représentaient en moyenne 10, 9 % des députés (un taux maximal de 12, 3 % a été atteint en 1893 avec 70 médecins députés) et de 12 à 14 % des conseillers généraux. Dans leur grande majorité, ils étaient républicains, ce que met en évidence que 73 % d’entres eux ont voté en faveur de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Trente médecins sont devenus ministres entre 1875 et 1914, dont Paul Bert, Emile Combes et Georges Clémenceau.
Cette alliance entre république et médecine semble s’être effritée, comme si les médecins n’étaient habités que par des considérations corporatistes, en particulier concernant la liberté d’installation ou l’hospitalo-centrisme. Alors, sur quelles bases pourrait se renouer un dialogue entre Etat et médecine ? Et puis au fait, il est médecin Martin Hirsch ?
Non, juste le produit classique de la sélection à la française, il s’est apparemment perdu en science à un moment. Pour le reste un parcours pas forcément original, si j’en crois Wikipédia. http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Hirsch.
Plutôt que de dialoguer avec l’état, les médecins feraient mieux de dialoguer avec leurs patients.
Certes les médecins doivent dialoguer avec leurs patients. Mais il faut aussi comprendre que la profession médicale s’est développée, avec en particulier 5 heures d’espérance de vie par jour depuis 1802 date de création de l’internat, du fait d’une congruence d’intérêts entre la médecine et l’Etat qui portaient des discours proches sur l’être humain. De ce fait, sans dialogue entre médecine et Etat, aucune chance que les patients soient soignés.